Première exportation au Maroc 2026 : DUM, domiciliation, rapatriement
Décrocher sa première commande à l'export est une chose, encaisser les devises sans tomber sous le coup de l'Office des Changes en est une autre. Voici la procédure 2026, de la facture conforme à la DUM, jusqu'à la domiciliation et au rapatriement sous 150 jours.
Vous venez de décrocher votre première commande à l'export, et vous réalisez que personne ne vous a expliqué la suite. Entre la DUM déposée à la douane, la domiciliation ouverte à la banque et le fameux rapatriement des devises sous 150 jours, une première exportation depuis le Maroc en 2026 mobilise deux administrations distinctes qui ne se parlent pas. Voici la procédure complète, dans l'ordre, pour encaisser sans faux pas.
Avant de vous lancer, un raccourci. Nous avons construit BerryExport, un assistant IA spécialisé dans l'export depuis le Maroc, chargé des régimes ADII, des Incoterms et des dispositifs d'appui à jour en 2026.
Décrivez-lui votre commande (produit, pays, Incoterm, devise) et il vous indique les documents à réunir, le bon régime douanier et la mécanique de domiciliation et de rapatriement adaptée à votre cas.
La réponse courte : six étapes, deux circuits, 150 jours
Une première exportation depuis le Maroc en 2026 se déroule en six étapes : préparer la marchandise et une facture conforme, domicilier l'opération auprès d'une banque agréée, faire déposer la DUM par un transitaire agréé, expédier, encaisser, puis rapatrier les recettes en devises dans un délai maximum de 150 jours.
Le point qui surprend tout le monde : il existe deux circuits parallèles. La chaîne douanière (DUM, PortNet, système BADR) dépend de l'ADII. La chaîne des changes (domiciliation, rapatriement, compte en devises) dépend de l'Office des Changes. Vous devez satisfaire les deux, séparément.
Première exportation Maroc 2026 : DUM, domiciliation et rapatriement des devises en six étapes
1. La marchandise et une facture conforme
Tout part de la facture commerciale. Sans facture conforme, la banque refuse la domiciliation et la douane bloque le dédouanement. Elle doit mentionner clairement : l'exportateur et l'acheteur, la description et le poids de la marchandise, la quantité, le prix unitaire et le montant total, la devise de facturation, l'Incoterm (FCA Casablanca, FOB Tanger, etc.) et les conditions de paiement.
Préparez aussi la liste de colisage (packing list) et, selon le pays, le certificat d'origine. Si vous basculez vers la facturation dématérialisée, notre guide sur la facturation électronique 2026 détaille les mentions obligatoires à ne pas oublier.
2. La domiciliation bancaire
Avant l'expédition, vous choisissez une banque agréée (intermédiaire agréé) et vous y souscrivez un titre d'exportation : un engagement de change pour les produits libres, un certificat d'exportation pour les produits soumis à autorisation. C'est la domiciliation. Elle est obligatoire pour chaque opération et ne peut être ni changée ni annulée.
Le choix de la banque n'est pas neutre (commissions de change, réactivité). Comparez avant de signer : notre guide des banques au Maroc aide à arbitrer.
3. La DUM, déposée par un transitaire agréé
La Déclaration Unique de Marchandises (DUM) est la déclaration en douane. Vous ne pouvez pas la déposer vous-même : seul un transitaire agréé par l'ADII peut la saisir, via le système BADR. Le guichet unique PortNet génère la fiche suiveuse et tend vers le zéro papier.
Le transitaire réunit la facture, la liste de colisage, le titre de transport (B/L, LTA ou CMR), le certificat d'origine, le titre d'exportation domicilié et les pièces sectorielles (ONSSA pour l'agroalimentaire, par exemple). Le bon régime douanier compte aussi : si vous importez des intrants pour les transformer puis réexporter, regardez les régimes ATPA, drawback ou ZAI avant d'expédier.
4, 5 et 6. Expédier, encaisser, rapatrier
À l'expédition, la douane enregistre votre déclaration : c'est la date d'imputation douanière, votre jour 0. À partir de là, le compteur des 150 jours tourne. Vous encaissez selon les conditions convenues, puis vous rapatriez les devises avant l'échéance.
Le délai de 150 jours : à partir de quand, exactement
Erreur classique du primo-exportateur : croire que les 150 jours partent de l'encaissement. Faux. Pour les exportations de biens, le délai court à compter de la date d'imputation douanière, c'est-à-dire de l'enregistrement de la DUM, pas du paiement du client.
Conséquence concrète : un acheteur qui paie en retard peut vous mettre en infraction sans que vous vous en rendiez compte. Quelques repères 2026 : 150 jours pour les biens, 180 jours pour les denrées périssables vendues en consignation, et jusqu'à 8 ans pour les crédits export consentis au client étranger.
Et si l'échéance approche sans paiement ? Pas de panique : aucune sanction n'est appliquée si vous informez l'Office des Changes par courrier des difficultés rencontrées avant l'expiration du délai. C'est l'absence de justification qui déclenche la procédure pour infraction.
Encart IGOC 2026 : le compte en devises à 70%
L'Instruction Générale des Opérations de Change 2026 (IGOC 2026) est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. C'est le texte de référence de tout exportateur cette année. Sa règle la plus utile pour votre trésorerie : vous pouvez conserver jusqu'à 70% de vos recettes d'export sur un compte en devises (ou en dirhams convertibles), 85% pour l'aéronautique et le spatial.
Deux idées reçues à corriger :
- Ce n'est pas une nouveauté 2026. Le taux de 70% existe depuis l'IGOC 2024 (article 66) et a simplement été reconduit.
- Aucun statut particulier n'est requis. Les 70% s'appliquent à tous les exportateurs, quel que soit le chiffre d'affaires. Pas besoin d'être labellisé primo-exportateur.
La part non conservée, soit 30%, doit être cédée sur le marché des changes contre dirhams dans les 3 jours ouvrables suivant la réception des fonds par la banque.
Exemple chiffré : un atelier de confection à Casablanca
Premier contrat : 50 000 EUR, vente ferme, Incoterm FCA Casablanca, paiement par virement à 60 jours. Au cours Bank Al-Maghrib de début juin 2026 (environ 10,69 MAD pour 1 EUR), la facture vaut 534 500 MAD.
À la réception des fonds, la répartition réglementaire est la suivante :
- 70% conservés en devises : 35 000 EUR placés sur le compte en devises (environ 374 150 MAD d'équivalent).
- 30% cédés en dirhams : 15 000 EUR cédés sous 3 jours ouvrables, soit 160 350 MAD crédités sur le compte courant.
Côté délai : la DUM est enregistrée le jour de l'expédition (jour 0), le client paie à 60 jours, il reste donc une marge confortable de 90 jours avant l'échéance des 150 jours. En dollars, une facture de 50 000 USD (cours environ 9,21 MAD) vaut 460 500 MAD : 35 000 USD conservés et 15 000 USD cédés, soit 138 150 MAD.
Les erreurs qui coûtent cher au primo-exportateur
- Confondre les deux circuits. Une DUM en règle ne vous dispense pas de la domiciliation, et inversement.
- Oublier la cession des 30% sous 3 jours. C'est une obligation, pas une option.
- Se fier à des articles périmés. L'ancien programme primo-exportateurs (2016-2022, CA export sous 5 MDH, appui plafonné à 3 MDH) n'existe plus. Le cadre 2026 est le Pacte pour un commerce extérieur 2025-2027, avec Power Export (Maroc PME : 80% des dépenses, plafond 1 MDH pour les primo-exportateurs, 2 MDH pour les confirmés) et l'assurance-crédit Tasdir Plus de la SMAEX (jusqu'à 80% du risque d'impayé sur 15 marchés africains).
Si vous préférez éviter cette gymnastique documentaire, BerryExport déroule toute la procédure pour votre cas en conversation et vous indique les documents et le régime douanier adaptés avant l'expédition.
Questions fréquentes
Qui peut déposer la DUM à l'export ?
Pas l'exportateur lui-même. Seul un transitaire agréé par l'ADII, disposant d'une accréditation, dépose la DUM via le système BADR, le guichet unique PortNet centralisant les documents.
Le délai de 150 jours court à partir de quand ?
À partir de la date d'imputation douanière, c'est-à-dire de l'enregistrement de la déclaration en douane (la DUM), et non de la date d'encaissement. Pour les services, le décompte part de la réalisation de la prestation.
Faut-il un statut de primo-exportateur pour garder 70% en devises ?
Non. La conservation de 70% sur un compte en devises s'applique à tous les exportateurs, sans condition de taille ni de chiffre d'affaires. Le terme primo-exportateur renvoie à des dispositifs d'appui, pas à l'accès au compte en devises.
Quelle différence entre le rapatriement des biens et des services ?
Les biens se rapatrient sous 150 jours. Pour les services, la communication de l'IGOC 2026 évoque 90 jours (y compris les services rendus en ligne), tandis que la fiche du site de l'Office des Changes mentionne encore 60 jours. En cas de doute sur un service numérique, vérifiez le texte applicable à votre prestation.
Les échantillons envoyés sans paiement doivent-ils être domiciliés ?
Non. Les échantillons et envois sans paiement de faible valeur (seuil cité autour de 20 000 MAD dans les sources récentes) sont dispensés de titre d'exportation et de rapatriement.
Que risque-t-on en cas de retard de rapatriement ?
Si vous prévenez l'Office des Changes par courrier avant l'échéance, aucune sanction. À défaut de justification, l'Office peut engager une procédure pour infraction à la réglementation des changes.
Une première exportation bien préparée tient en une phrase : facture conforme, domiciliation, DUM, puis rapatriement avant le jour 150. Pour valider votre cas précis avant d'expédier, lancez une conversation avec BerryExport.